Carver. Toutes les petites choses que j'ai pu voir. Extrait de presse
"Olivia Corsini met délicatement en scène les personnages nébuleux et quasi fantastique du nouvelliste Raymond Carver"
"Adapter Carver à la scène c’est plonger dans une nuit américaine, même
le jour est blafard, éclairé de néons minables, de lumières obliques.
Olivia Corsini a parfaitement capté « toutes les petites choses qu’il a pu voir
» dans une scénographie au cadre rigoureux ; on regarde par le trou de
la serrure la symétrie d’un couple autour de la table, des angles
droits et des aplats qui glissent à l’horizontale, entre les différents
intérieurs tels des aquariums à la Raymond Chandler ; un frigo, une
bagnole, un lit, un pan de murs, le théâtre se fabrique à vue avec
quatre nouvelles enroulées pour symphonie en mode mineur , notre dame de la grande poisse au terminus des paumés."
"Avec une équipe de comédiens qui habitent leurs rôles de paumés, Olivia
Corsini dessine sa première mise en scène, charnelle, précise et
astucieuse." (...)
L’absolue mélancolie de Carver lui offre ici la possibilité d’imaginer
un jeu entre réalité et surréalisme, dans une cohabitation savoureuse.
« Je voudrais construire des images qui aient un impact sensoriel et
émotionnel et pas seulement esthétique », explique Olivia Corsini.
Incontestablement la recette est craquante à souhait.
"Olivia Corsini a adapté avec brio des nouvelles de l’écrivain américain au Théâtre du Rond-Point à Paris. Troublant. (...)
Arrêt sur image. Une vieille Fiat panda rouge délavé sur fond de forêt.
Le décor d’un raffinement extrême (Kristelle Paré) rappelle les toiles
d’Edward Hopper. Un jeune garçon en jean (Tom Menanteau plus vrai que
nature) prépare soigneusement sa piqûre. Sous l’emprise de la drogue,
son regard se perd dans le vague, il danse sous la neige. « Il est malade »,
assure sa grand-mère (Nathalie Gautier métamorphosée) qui attire chez
elle des hommes de passage (Arno Feffer sorti d’un film des frères
Coen).
Olivia Corsini s’est plongée dans l’œuvre du maître de la « short story » pour transcrire avec un réalisme troublant son univers, le pessimisme de ses nouvelles dans un spectacle fort, Toutes les petites choses que j’ai pu voir. On se dit qu’elles sont importantes ces « petites choses ». Raymond Carver était d’ailleurs surnommé le « Tchekhov américain ».
"La metteuse en scène Olivia Corsini offre à ces histoires vertigineuses une adaptation théâtrale éloquente. "
